ZOU

ZOU raconte le chemin d'un homme avec une jambe en moins qui avance plus intensément qu'un homme valide. La jambe amputée, membre fantôme qu'il peut encore bouger dans sa tête, est le pivot de cette histoire. A la fois trace de la guerre qui lui a fait perdre la plupart des membres de sa famille et l'a forcé à fuir son pays, à la fois frein à son exode qui lui a rendu la marche douloureuse et plus laborieuse que n'importe lequel de ses compagnons de route, c'est aussi le point d'appui pour son intégration dans un nouveau territoire.

La jambe droite d'Ahmad Shah est l'absente de l'histoire, elle est le signe du manque qui n'a jamais cessé de le faire avancer, faisant de lui un homme plus que n'importe qui, debout.Le papier, le carton, le tissu, seront autant de matières à manipuler pour raconter cette histoire - le découpage, le collage, la couture, autant de manières de tirer le fil et de recoller les morceaux.

EN: Zou tells the path of a man who lost his leg, but move on faster in life than an able-bodied.

His amputated leg, a phantom limb he can still feel, is the center of this story. A memory from the war where he lost most of his family members and pushed him to flee his country, as well as a hold to his painful escape.
Authors / Creators : Les Films Volants
Participant(s) : Les Films Volants
Added on : 26 October 2021
Category : Cinema

Affiche

Crédits

Directeur(s)
Claire Glorieux
Author(s)
Claire Glorieux
Producteur(s)
Quilombo Films Image : Claire Glorieux, Pukyo Ruiz de Somocurcio, Sylvain Briand, Jérémie Reichenbach, Marie Bottois Son : Sébastien Cabourg, Claire Glorieux Montage : Marie Bottois Etalonnage : Aïdan Obrist, Yannig Willmann Montage Son : Blandine Brière Mixage : Antonin Dalmasso

Distribution information

Distributeur(s)
Les Films Volants - contact@lesfilmsvolants.com
Country
France
Directeur(s) biographique
Née en 1983 Vit et travaille à Paris Artiste plasticienne diplômée de l’école Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris et du Fresnoy, Claire Glorieux travaille principalement la vidéo, s’intéressant particulièrement au langage. L’autisme, le langage sifflé ou non verbal, sont autant de sujets qui l’ont poussée à créer des vidéos, des livres, des installations. Elle a montré son travail au Centre Pompidou et à Bétonsalon à Paris, à la Villa Arson à Nice, aux Subsistances à Lyon, ou encore au Salon de Montrouge. Ses films ont été diffusés dans plusieurs lieux ou festivals dont les Ecrans Documentaires à Arcueil, l’IAC de Villeurbanne, la galerie Primo Piano à Paris, le musée Reina Sofia à Madrid, Trafic/Home cinéma à Lausanne, Traces de Vie à Clermont-Ferrant, le FIFE à Paris ou le Dokfest à Kassel. Elle bénéficie de différents temps de résidence de création à Huesca en Espagne, à Villers-sur-Port en lien avec le Frac Franche-Comté, sur l’île de la Gomera grâce à une bourse de la Casa de Velasquez et de différentes résidences-mission avec des publics scolaires dans le Nord ou en Charente-Maritime. Elle collabore avec différents collectifs ou compagnies comme la Compagnie de danse Nadja, le Groupe Laps ou la compagnie de théâtre Sugar Baby pour qui elle a conçu des décors vidéo. Elle anime des ateliers et workshop auprès de différents publics (Palais de Tokyo avec des la PJJ ou le Palais de la Femme, Maison Populaire de Montreuil, Musée de l’Histoire de l’Immigration, Louvre).
Un mot du réalisateur
Je me souviens de ce soir de décembre 2009 à Croix où Ahmad Shah était assis, silencieux, dans le salon de ma grand-mère. Invité là pour y fêter Noël dans notre famille, il tenait contre lui une pochette cartonnée. Il l’a ouverte et m’a montré ce qu’elle contenait : des photographies de sa femme et de ses trois tout petits enfants. Son regard éploré mais aimant m’a donné envie de faire ce film. Mes projets de films, installations ou livres naissent souvent de mes rencontres. Ce n’est pas un sujet qui va d’abord m’intéresser mais une personne qui me donne envie d’aller plus loin dans une histoire, de me l’approprier et amener un regard particulier par le biais du cinéma. Dès mon entrée au Fresnoy - Studio National des arts contemporains, j’ai commencé à réaliser des films sur des enfants autistes, sur un artiste obsessionnel, sur des siffleurs des Canaries ou des fondeurs de bronze. Dans le cas de ce film, ZOU, la rencontre avec Ahmad Shah, réfugié afghan, s’est donc faite dans mon cercle familial. Pendant 10 ans, j’ai suivi Ahmad dans son évolution, difficile au départ, si fulgurante ensuite. J’ai entendu parler des systèmes de débrouille inventifs dont Gonzague, le cousin de mon père a dû faire preuve pour l’aider à sortir de la galère ; petit à petit je l’ai entendu parler français. Depuis, son histoire invraisemblable n’a cessé de me donner envie de réaliser un film. Mais lequel ? Comment raconterson parcours en restant fidèle à son récit ? Comment rendre hommage aux épreuves qu’il dû traverser ? Voilà 10 ans que je porte ce projet, ne sachant pas au départ si il prendrait la forme d’un documentaire ou d’un film d’artiste, d’une installation ou d’une pièce sonore. Sa forme sera unique et cherchera à répondre aux questions évoquées dans le récit. Un film « plastique », en somme. Comme le corps est à reconstruire, le film est à construire, et je souhaite le faire à l’aide de matérieux pauvres et d’analogies : le découpage fait échos à l’amputation et à l’exil. La couture ou le reprisage évoquent la suture ou la réparation. D’ailleurs ne parle-t-on pas d’un amas de cellules comme d’un «tissu» en biologie ? Cette histoire pourtant lointaine dans l’espace comme dans le temps, je souhaite nous la rendre intime, présente, et incarnée. Parce que la trajectoire de cet homme m’a touchée, sa rencontre a animé en moi l’envie de donner une version de son histoire au cinéma. Alors que je me trouve a priori loin de mon sujet, de par mes origines et les conditions de vie confortables qui sont les miennes, je me sens reliée à la trajectoire d’Ahmad Shah, par ce questionnement permanent qui m’habite, c’est à dire de savoir où je me situe, dans quoi je m’ancre. Il y a aussi ce rapport au faire, au fabriquer, le bidouillage, le bricolage, qui font partie de ma vie et qui font intégralement partie de celles d’Ahmad Shah et de Gonzague. Le premier coud et fabrique des prothèses, le second photographie, et fabrique toutes sortes d’objets électro- niques. J’aime moi aussi fabriquer, transformer, m’approprier les formes et les emmener ail- leurs. C’est ainsi que dans ce documentaire, je n’utiliserai que très peu d’images filmées brutes. J’aurai recours à des dispositifs plastiques faits de photographies, d’animation, de papier, d’impression, de découpage et de collage.

Fiche technique